Peddy CALIARI – Enseignant-chercheur Laboratoire CRILLASH Université des Antilles

L’enfant s’épanouit et développe ses premières compétences motrices, cognitives et langagières essentiellement à travers le jeu. Il faut donc le laisser jouer, c’est fondamental. À ce titre, une tablette tactile peut s’avérer être un excellent outil dès lors que son utilisation est adaptée.

PARTIE 1 : « UN OUTIL PERTINENT »

L’enfant interagit avec l’objet et peut ainsi être acteur de son apprentissage. C’est ce qui fait son intérêt : si l’enfant donne une mauvaise réponse, selon les applications choisies, on lui indiquera qu’il a donné une mauvaise réponse et on lui demandera de faire une nouvelle proposition. Certaines applications vont même jusqu’à donner un indice supplémentaire.
Elle présente donc un net avantage par rapport à la télévision et les dessins animés dits interactifs.
En effet, ces programmes ne prennent pas en compte la pertinence de la réponse de l’enfant.
Les effets sur le comportement de l’élève et sur le développement des compétences sont
indiscutables. Le choix des jeux à proposer est primordial et doit être ciblé en fonction de l’objectif.

PARTIE 2 : « IMPOSER DES LIMITES »

Il est important de respecter quelques règles d’utilisation. Pour les plus jeunes, 30 minutes par jour en semaine et 1h par jour le week-end semblent être des durées convenables. Le fait que l’enfant reste concentré plus de 30 minutes n’est pas une mauvaise chose en soi, au contraire, mais il ne faut pas que le temps passé devant l’écran se fasse au détriment d’autres activités essentielles comme jouer avec son enfant, échanger avec lui, lui raconter une histoire… La durée totale peut être plus longue en fonction des situations, intempéries empêchant de jouer à l’extérieur, par exemple, mais elle doit être entrecoupée de pauses. Instaurez des rituels : tablette puis peinture, ou tablette suivi de la lecture…
Évitez si possible l’utilisation passive de la tablette. Si vous devez lui proposer des dessins animés
pour vous libérer du temps (le temps de préparer à manger, de finir  »un truc pour le boulot », d’envoyer un mail…). Le problème, c’est lorsque que l’enfant se retrouve seul, et être seul trop longtemps face à un écran quel qu’il soit, ce n’est jamais une bonne chose.

Ceci est d’autant plus vrai à l’heure actuelle, en pleine période de confinement. Même si le
temps passé devant les écrans augmente, car le temps peut sembler long, il importe de varier les
activités et ne pas passer l’essentiel de ce temps systématiquement devant les écrans. Le
cerveau a « besoin de s’aérer » (jardinage, bricolage, dessin, peinture, activités physiques).

PARTIE 3 : « LAISSEZ-LE DÉCOUVRIR »

Il est aussi important de laisser l’enfant découvrir l’objet qu’est la tablette, ce que l’on peut faire
avec, quelles sont les modalités d’interactions, de manière à développer son autonomie. Laissez-le
aussi découvrir les applications. Cependant, tout cela doit être fait sous la surveillance du parent,
ne serait-ce que pour éviter que la tablette ne lui échappe des mains ou pour répondre à ses
questions et le guider s’il est perdu.

CONCLUSION

Les tablettes numériques peuvent être considérées comme de vrais outils pédagogiques et il serait
dommage de ne pas en profiter.